Cap sur l’Algarve

 

« Pourquoi nous on irait pas là ? » avais-je rétorqué à Ingrid qui me montrait des clichés de l’eau turquoise et du sable fin des côtes sud portugaises. L’Algarve c’est venu comme ça, presque comme un piège qui s’est refermé sur moi. Je me suis laissée séduire par l’aspect chimérique des plages et la beauté sauvage des falaises qui les enveloppent. L’Algarve présente tous les clichés qui peuvent ressortir quand tu tapes « belles plages » dans Google image. Le genre de photos que tu penses édulcorées aux filtres, les nids paradisiaques qui habillent les cartes postales et qui te semblent presque irréels. Existe-t-il vraiment des plages aussi atypiques et magiques à seulement 2h15 de vol de Paris ? Je voulais en avoir le cœur net alors cap sur l’Algarve !

 

« Pourquoi nous on irait pas là ? » avais-je rétorqué à Ingrid qui me montrait des clichés de l’eau turquoise et du sable fin des côtes sud portugaises. »

 

Pour visiter l’Algarve nous avons décidé de séjourner à Albufeira. Autrefois un port de pêche, aujourd’hui la ville s’est reconvertie en station balnéaire réputée festive et convoitée par les stars. Nous sommes au mois de mai, encore loin de la haute saison, nous pouvons profiter du calme de la ville avant l’arrivée massive des touristes.  L’aéroport le plus proche se trouve à Faro, c’est là que nous récupérons notre bolide Huguette qui nous accompagnera pendant notre aventure. C’est maintenant que les choses sérieuses commencent… (musique introductive)

 

Notre bolide Huguette 🙂

 

Pour notre premier jour complet sur place nous optons pour une randonnée de 11,4km sur les toits des plus belles plages de l’Algarve. En effet, le sentier des 7 vallées suspendues trace un chemin balisé au sommet des falaises et vous offre des points de vus renversants sur le littoral. Attention si vous confiez la carte à votre copine Pierre Richard la randonnée peut atteindre 15km. Oui Ingrid a jugé que 11,4km à flan de falaise sous un soleil de plomb n’était pas un effort suffisant. Elle a donc décidé de nous rallonger le parcours en se trompant de côté au départ de la randonnée. (Musique de fail…) 

 

Dans un premier temps nous laissons Huguette à Algar Seco pour visiter les grottes qui bordent la plage. La curiosité nous fait d’abord emprunter sur quelques mètres un chemin de randonnée (pas la bonne randonnée selon Ingrid) qui nous offre un magnifique point de vue sur une grotte. A l’entrée de celle-ci, l’eau cristalline vient se coucher sur le sable pour le draper de son écume sous un soleil au zénith. Guidée par ma soif d’exploration, je me rapproche de l’antre en descendant un escalier clandestin devant servir autrefois à regagner la plage en contrebas. A l’approche de la dernière marche exploitable, le climat devient inquiétant, le vent siffle dans mes oreilles et le bruit de l’océan se fait de plus en plus menaçant. Comme ci la nature voulait préserver ce lieu précieux des indiscrétions humaines à l’aide de la puissance des éléments. Un panneau m’informe du danger des lieux, je décide donc de ne pas aller plus loin. J’observe cependant la noirceur du tunnel formé par la grotte avec un mélange d’angoisse et de fascination. Elle est à la fois chaude et glaciale, attirante et effrayante, accueillante et hostile. Elle ressemble à une caverne aux merveilles qui avalerait tous les chasseurs de trésors qui oseraient y pénétrer.

 

Plage Algarve

 

Algar seco 

 

N’étant pas sur la bonne route, nous rebroussons chemin en s’attardant cette fois-ci sur l’architecture naturelle d’Algar Seco. Ici la nature a creusé des passages souterrains mystérieux dans lesquels on prend plaisir à s’engouffrer. J’entends le son des vagues qui fouettent les rochers. J’observe les mouvements dansant de l’océan tandis que l’écho de son râle gronde dans les cavités naturelles sculptées par le souffle du vent. On prend quelques clichés, une bonne bouffée d’air et on continue de longer la passerelle en bois qui nous mène à la randonnée. ERRATUM !!! J’ai dit qu’Ingrid s’était trompée de côté du coup on marche pas du tout sur le sentier de la randonnée même si elle a persisté pendant plusieurs loooongs mètres ! Demi tour pour re-revenir sur nos pas (vous savez à la fameuse jolie grotte inquiétante). 

 

 

Nos péripéties nous ont déjà coûté 2h. Et oui le temps passe très vite quand on explore et quand on prend des photos (bon ok surtout quand on se perd). Nous voilà donc enfin sur ce que l’on pense être le bon chemin de randonnée (et oui tu as tout compris notre fail ne s’arrête pas ici, ça aurait été trop facile). Sur le trajet je ne constate aucune balise pour nous orienter, les pentes sont abruptes, notre parcours est chahuté par des pierres et des cailloux. Il faut être vigilant sur ses points d’appui sous peine de glisser. Nous nous immisçons au cœur de la faune locale par des petits chemins de traverse qui s’enlacent sur les falaises. Certains passages me paraissent assez dangereux pour une randonnée qualifiée de « facile » mais Pierre-Richard Ingrid persiste en me disant que nous sommes sur le bon chemin. Nous croisons quelques promeneurs qui me confortent dans cette idée. 

 

 

Les sept vallées suspendues

 

Après beaucoup d’efforts nous arrivons à la Praia do Vale Centeanes et là SURPRISE… la randonnée LA VRAI, LA SEULE, L’UNIQUE commençait en réalité aux pieds de cette plage… (Musique de fail numéro 2). Un plan dessiné sur un panneau nous indique les différentes étapes du parcours. Le Farol (phare) de Alfanzina est l’une des étapes du sentier et offre un bon repère géographique pour se situer au cœur du parcours. Les jambes et les pieds fatigués, nous n’abandonnons pas notre objectif et continuons notre marche. Cette fois le chemin est bel et bien balisé et sécurisé par des barrières au bord des précipices. Nos yeux et nos appareils photo se régalent devant la beauté des paysages. Le panorama aérien offert par la hauteur des falaises nous offre un point de vue non négligeable sur les plages algarvoises. L’océan s’étire jusqu’à l’horizon, vue d’en haut il parait paisible et doux comme un drap de soie géant.  Des langues rocheuses s’échappent des terres pour former une succession de plages dont certaines demeurent inaccessibles à pieds. J’observe plusieurs espèces d’oiseaux marins qui viennent se nicher sur le manteau doré des falaises dans des alcôves naturelles formées par l’érosion.

 

 

Nous continuons de suivre le chemin balisé qui nous mène tantôt à flan de falaise tantôt dans les terres au cœur d’une végétation qui semble regorger de vie. Quelques panneaux expliquent la formation des fissures dans les entrailles des falaises tandis que d’autres nous évoquent la faune qui peuple les lieux. On découvre qu’on peut même croiser des renards ! Nous arrivons enfin à la plage de Bénagil où fourmillent kayak, paddles, bateaux d’excursion… Cette plage est fortement prisée par les touristes et les professionnels du tourisme et pour cause… elle abrite l’une des plus belles merveilles du Portugal, la grotte de Benagil. Nous quittons le sentier de randonnée pour nous rapprocher de ce joyau naturel dont nous avons tant entendu parler…

 

« J’avais demandé du rêve, une parenthèse paradisiaque. Je ne voulais pas d’arnaque, pas de triche. Des vraies couleurs, douces et chatoyantes, la nature dans sa quintessence. »

 

Plage Algarve

 

 

La solution la plus rapide qu’on ait trouvé pour explorer la grotte de Benagil sans abimer notre matériel est l’excursion en bateau. Nous optons pour le grand tour d’1H15, le temps d’explorer les grottes qui bordent les falaises que nous avons parcourues à pieds et de finir en beauté par la grotte de Benagil. Nous embarquons avec Thiago, notre pilote, et quelques autres touristes à bord d’un petit bateau poussé par un moteur de 80cv. Thiago fait ronronner sa machine sous les sourires et les rires amusés de ses passagers. Il nous explique en anglais qu’il sera notre pilote mais aussi notre guide car il connaît parfaitement les lieux. Cheveux au vent, le poil hérissé par un mélange de froid et d’excitation, nous nous éloignons désormais des côtes à plein régime, défiant l’océan comme un groupe de gamins inconscients. 

 

La couleur de l’eau est si belle qu’on dirait que l’océan a été formé par une pluie de diamants.

 

J’avais demandé du rêve, une parenthèse paradisiaque. Je ne voulais pas d’arnaque, pas de triche. Des vraies couleurs, douces et chatoyantes, la nature dans sa quintessence.  Le rideau de scepticisme qui obturait mon esprit avant de partir s’est levé aussitôt après avoir observé les plages depuis l’océan. Le paradis que j’étais venue chercher était là, devant moi. C’est un point de vu qu’il ne faut, selon moi, pas manquer lorsque l’on visite l’Algarve. On peut mieux se rendre compte du caractère onirique des plages, feuilletées par un lit de sable ressemblant à des paillettes dorées. La couleur de l’eau est si belle qu’on dirait que l’océan a été formé par une pluie de diamants. 

 

 

Thiago nous fait pénétrer dans les grottes à grands coups d’accélérateur maniant son  bateau avec une précision chirurgicale pour éviter les obstacles. On aurait dit qu’il avait dressé l’océan. Le pic d’adrénaline provoqué par ces manœuvres périlleuses réjouit ses passagers. A l’intérieur des cavités où nous nous engouffrons, il y a un contraste à la fois saisissant et effrayant avec l’extérieur. Comme si on avait troqué le paradis pour l’enfer. L’obscurité et le silence sont pesants, l’eau semble condamner à la nuit et on s’attend presque à ce qu’une créature nous accule. Certaines grottes paraissent moins hostiles surtout celles qui abritent des plages et qui sont éclairées par des ouvertures naturelles qui laissent passer les rayons du soleil. 

 

 

Nous nous dirigeons désormais vers la grotte de Benagil. L’océan est une scène sur laquelle les bateaux s’adonnent à un balais en se croisant et se recroisant. Les pilotes se lancent des sourires et des saluts complices. Je constate qu’il est particulièrement dangereux de se rendre à la grotte à la nage de par la présence abondante d’embarcations. Nous devons même attendre que le chemin se dégage avant d’entrer dans la célèbre caverne. L’aspect mercantile et touristique de ce juteux commerce que doit être la visite de cette grotte me dérange un peu. Je m’attendais naïvement à un endroit un peu plus préservé et sauvage. Ca y est nous entrons dans la caverne. La première chose qui me frappe est la pureté de l’eau qui vient se coucher sur le sable. C’est beau, c’est propre, c’est un bleu intense et fragile. La deuxième chose c’est le dégradé de couleurs qui vient s’enrouler sur les parois de la crypte pour former des cercles. L’éclat du soleil qui perce l’antre vient sublimer le tout pour nous offrir des tonalités et des nuances authentiques et délicates. L’apogée de ce que la nature a le plus beau à nous offrir. 

 

Plage Algarve

Plage Algarve

 

C’est sur cette magnifique construction naturelle que s’achève notre balade en bateau. Thiago nous offre des dernières sensations en poussant son moteur de 80cv à fond les ballons. Je m’éclate et laisse le vent fouetter mes joues avec un sentiment de plaisir et de liberté. 

Gagnées par la fatigue, Ingrid et moi décidons de rejoindre Hugette en Uber pour rentrer à notre hôtel après cette journée très physique. J’étais partie de Paris avec des doutes sur cet endroit, l’esprit hanté par l’appréhension et le risque de déception. Cette première journée a mis autant de couleurs dans mes yeux que dans mon cœur. Je suis déjà conquise par ce paradis et impatiente d’en voir plus. Demain nous serons sur les routes avec notre soif de découvertes en guise de carburant.

 

Point de départ : Vale de la centeanes

Point d’arrivée : Praia da Marinha

Longueur du trajet : 11,4km

Temps pour effectuer la randonnée : 5h pour les bons marcheurs sans trop prendre son temps. Sinon prévoir la journée pour profiter des plages et faire le plein de photos ! (Et surtout ne faites pas comme Ingrid, donnez la carte a celui qui a le sens de l’orientation !)

A Algar Seco pour visiter les grottes puis reprendre la voiture pour se garer a Vale centenies pour finir en beauté a la belle plage de Paria Marinha en récompense. Le parcours n’est pas une boucle il vous faudra refaire le trajet en sens invere pour regagner votre voiture. Vous pouvez aussi choisir de rentrer en taxi/uber/bus/stop.

Soyez vigilants si vous avez des enfants certains passages peuvent être dangereux. Prévoir 1,5l d’eau par personne, de bonnes chaussures, chapeau et crème solaire car ça tape fort et le parcours est très vallonné ! Si vous n’aimez pas marcher ou si vous etes préssé vous pouvez vous insérer dans la randonnée par toutes les plages qu’elle traverse.

 

Carte de la randonnée

 

Carte randonnée

Carte de la randonnée des 7 vallées suspendues

 

 

 

Et toi, qu’elle est la randonnée qui t’a le plus marqué ? Raconte nous en commentaire 🙂

 

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Article écrit par Aurélie


2 Comments

Sarah - vents et voyages · 25 mai 2018 at 19 h 45 min

Et beh … ça donne envie ! J’avoue que je sature un peu de toutes ces photos de l’Algarve sur mon fil insta mais tu sais comment me prendre par les sentiments avec cette superbe randonnée 🙂

    Desplanssurloreiller · 26 mai 2018 at 22 h 29 min

    Et bien nous sommes ravies d’avoir pu palier a cette overdose 😀 C’est vrai que cette randonnée était vraiment chouette 🙂

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