Rome était loin d’être en tête de liste de mes souhaits de visite de grandes villes européennes. Je n’ai jamais été vraiment attirée par l’Italie malgré les nombreux sites touristiques qui s’y trouvent et le charme de ses grandes villes souvent vanté à la fois par les aficionados étrangers et par les italiens eux-mêmes. C’est en cédant aux exigences d’Ingrid que nous prenons nos billets pour la ville éternelle. A ce moment là, je n’ai aucune idée de ce qui m’attend mis à part ce que tout le monde connaît sur Rome et ce que les guides touristiques affichent en couverture de leurs livres à savoir les ruines, le Vatican et le Colisée.

Ainsi je foule pour la première fois les pavés romains totalement dépourvue d’a prioris et d’attente. Chaque boulevard, chaque coin de rue, chaque monument, chaque place sera une découverte pour moi. Armée de ma précieuse carte de la ville, j’arpente Rome accompagnée d’Ingrid et de son appareil photo. Les grandes avenues me donnent dans un premier temps un mauvais sentiment. Les automobilistes, les bus et les scooters semblent mener une guerre de vitesse sur la chaussée. Rares sont les gestes de bonnes intentions des engins motorisés envers les piétons ainsi pour traverser une rue mieux vaut attendre d’être sur un passage piétons et s’armer de patience pour que le feu de ce dernier passe au vert. En attendant le feu vert, j’entrevois à travers des hauts immeubles la déesse Victoria conduisant un char tiré par quatre chevaux qui ont l’air puissants, vifs, forts et fiers comme ci la ville voulait me rappeler son réel caractère. Il s’agit là en fait d’une partie du monument Victor Emmanuel II, immense monument situé au cœur de Rome qui symbolise bel et bien sa puissance et sa beauté.

C’est en quittant les grosses artères de la ville et en m’engouffrant dans ses étroites rues que l’ambiance change de ton. Le soleil parvient à faire quelques rares percées dans ces rues ombragés où le temps semble s’arrêter. On se croirait dans la chanson « Le sud » de Nino ferrer. En effet, on retrouve le linge étendu sur les fenêtres, les balcons garnis de plantes et de fleurs qui poussent de façon anarchique le long des murs et qui portent avec elles les douces odeurs de l’été. Aucune grande enseigne ne vient ternir cette image pittoresque, les petits commerces aux pieds des immeubles se mêlent parfaitement au décor et se révèlent plus atypiques les uns comme les autres. Les rues sont comme un tableau animé.

Au bout d’une petite rue, quand les gens se font plus nombreux, on devine aisément qu’on arrive près d’une attraction touristique. Sur mon plan figurent juste les noms des places de la ville et non des monuments ainsi la surprise est totale. Lorsque j’arrive de nuit, devant la célèbre fontaine de Trevi, je suis fascinée. L’eau qui s’écoule de la fontaine est d’une pureté religieuse, le bassin est clair, on s’y baignerait sans problème mais certainement avec un sentiment de honte de salir un endroit si chaste. Au fond du bassin brille ce qui ressemble à un trésor. Ce sont en fait les vœux de centaines de gens qui ont jeté leurs espoirs à travers une pièce dans cette eau cristalline. A ce moment, égoïstement j’aimerais virer tous les gens et profiter de la magie du lieu toute seule avec ma copine.

De Rome se dégage également une atmosphère romantique. On s’y promène le pas léger, main dans la main, sous le chant et les instruments de quelques artistes de rues. On se fait aborder par les restaurateurs qui nous invitent à partager un repas en amoureux. Devant mes yeux charmés la ville se dévoile chaque fois un peu plus et sans complexe. Les places arborent bien souvent d’immenses statues soucieuses de traduire la beauté et la puissance de Rome. On croise souvent par hasard des ruines qui rappellent que Rome a son histoire et sa réputation étroitement liée à l’empire romain. En effet, nombreux y sont les vestiges du passé et des morceaux d’architecture datant de l’empire romain tombent malheureusement en poussières. Cette destruction latente contraste avec la volonté qu’a eue la ville au cours de son histoire de se reconstruire et d’offrir aujourd’hui à ses habitants et à ses visiteurs des monuments fantastiques. C’est comme si Rome ne voulait pas mourir, comme si Rome retrouvait toujours son chemin et sa grandeur.

Le soleil écrasant m’oblige à ma rafraichir à chaque fontaine que je croise, heureusement pour moi Rome en compte beaucoup et met à disposition à travers celles-ci de l’eau potable. Rome est grande, les kilomètres défilent sur le podomètre, mes pieds me brûlent, mes jambes sont comme deux gros parpaings que je traîne tant bien que mal mais la ville m’appelle. Après plusieurs kilomètres et la sensation de ne pas avoir pris de douche depuis dix jours, il me faudra beaucoup de force et d’énergie pour grimper au sommet de quelques collines sélectionnées par Ingrid pour contempler Rome depuis différents magnifiques points de vue. C’est là que sans pudeur la ville se déshabille sous mes yeux écarquillés comme pour me récompenser de mes efforts. J’aimerais que mes yeux voient plus, plus loin et plus proche à fois, j’aimerais avoir à la place de ma rétine un puissant zoom pour ne pas perdre une miette de ce spectacle.

Le trésor de Rome c’est le Colisée. En foulant le sol de ce gigantesque amphithéâtre je suis guidée par une curiosité coupable. Je suis contente et ravie de me trouver là, d’y mettre mes pieds et de sentir la perspective du lieu. Dans ma tête se succèdent la vision d’une naumachie ou encore d’un combattant défiant différentes bêtes importées d’Afrique sous le vacarme et les sifflets d’une foule de romains avides de sang et de spectacle. Mais la culpabilité me gagne, je regarde les touristes avec mépris en me disant que l’endroit devrait être jalousement préservé et fermé dans un souci de conservation.

Comment parler de Rome sans évoquer le Vatican ? J’en parle en dernier dans ce texte car c’est ce qui m’a le moins charmé. Certes c’est presque l’étape obligatoire du séjour à Rome mais l’ambiance qui s’y dégage n’a rien à voir avec celle évoquée plus haut. En même temps la position du Vatican est complètement insolite de part sa position de pays enclavé dans Rome et son rôle de siège du monde catholique. Le musée du Vatican est impressionnant, chaque salle renferme des bijoux d’Art qui ne parviennent cependant pas à me transcender. Les grands murs et les hauts plafonds ornés de peintures, de tableaux et de sculptures se succèdent. Je file d’un pas précipité vers la chapelle Sixtine en ignorant honteusement des chefs d’œuvre à côté de moi. Arrivée sur les lieux, l’ambiance solennelle est dictée par des policiers qui exigent de se couvrir les épaules et d’adopter un silence religieux. Confinée entre les touristes, j’admire le célèbre plafond de Michel-Ange dont j’ai entendu tant de fois parler. Ma sensibilité parvient cette fois-ci à être touchée. Peut-être parce que l’œuvre m’est familière, je ne m’attarde pas trop à trouver des justificatifs et je me contente juste de dévorer des yeux ce plafond.

Vous l’aurez compris Rome aura réussi à me séduire. Son mélange entre son ambiance typique de petit village du sud, ses vestiges du passé, le charme de ses grands monuments et de son histoire chavirera le cœur des gens encore sceptiques à son sujet. La ville éternelle semble offrir un arrêt dans le temps à ses visiteurs le tout sous les coups de projecteur des rayons du soleil qui illumineront votre séjour comme ils ont illuminé le mien.

 

Notre carnet de voyage sur Rome est désormais en ligne.

 

Article écrit par Aurélie


2 Comments

Voyage sur mesure au Vietnam · 6 octobre 2017 at 11 h 24 min

Merci pour votre partage. J’aime bien l’Italie. Votre article est magnifique et utile avec de belles photos. J’irai y visiter dans l’avenir. Bonne continuation à vous !

    Desplanssurloreiller · 6 octobre 2017 at 12 h 17 min

    Merci à vous 🙂 L’italie est un pays qui regorge de beaucoup de belles destinations dont Rome que je vous souhaite de visiter 😉 Bonne journée

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